La violence dans les relations
Sujets abordés dans cette section
3 Jeu: Et toi, comment réagirais-tu face à une situation de violence?
Les questions fréquentes
Quelles sont les fausses croyances par rapport à la violence?
Et si ça n’arrive qu’une seule fois, est-ce de la violence?
Dans un couple, est-ce toujours la même personne qui exerce la violence?
Pourquoi est-ce difficile de mettre fin à une relation de violence?
Qu’est-ce que je dois savoir du consentement sexuel?
Comment savoir si je suis consentant·e à une activité sexuelle?
Témoignages
Gabriel, 17 ans
Roxanne, 17 ans
Nathalie, 17 ans
Bianca, 18 ans
2 Les formes de violence
Quelles sont les différentes formes de violence?
La violence dans les relations amoureuses, c’est quand un·e partenaire contrôle l’autre ou prend du pouvoir sur l’autre, en face à face ou à l’aide des technologies (téléphone cellulaire, réseaux sociaux, courriels, etc.). Les technologies permettent de rejoindre n’importe qui, n’importe où, n’importe quand, ce qui peut favoriser la violence.
La violence peut survenir :
- entre des partenaires actuel·les ou ex-partenaires
- dans des relations occasionnelles ou de longue durée
- entre partenaires de genres différents ou de même genre

Déconstruire les mythes sur la violence dans les relations amoureuses
Et si ça n’arrive qu’une fois, est-ce que c’est de la violence?
Quand ça n’arrive qu’une seule fois, le premier réflexe est souvent de laisser le bénéfice du doute à l’autre personne. Il arrive parfois qu’un comportement de violence soit une exception et il ne se reproduira plus. Par contre, l’utilisation de la violence est toujours un signe que quelque chose ne va pas dans la relation.
Même si c’est arrivé une seule fois, prends le temps de réfléchir à la situation de violence et aux émotions qu’elle te fait vivre. Lorsqu’on est à l’aise de le faire, il peut être bénéfique de parler de la situation avec son·sa partenaire et de lui refléter comment on s’est senti. Il est également possible qu’on ait peur d’en parler avec son·sa partenaire, qu’on ne souhaite pas confronter l’autre parce qu’on se sentirait en danger de le faire. Dans ce cas, il est important d’en parler à une autre personne et d’aller chercher de l’aide.
Les comportements de violence sont rarement isolés. Ils peuvent devenir plus fréquents et escalader avec le temps : il est donc important d’agir dès les premiers signes ou comportements de violence. Demande-toi s’il s’agit vraiment d’un épisode isolé ou s’il y a eu d’autres situations de violence avant celui-ci. La violence, qu’elle soit commise dans une relation amoureuse ou dans n’importe quel autre type de relation, n’est jamais acceptable .

Dans un couple, est-ce toujours la même personne qui exerce la violence?
La violence dans les relations amoureuses, peu importe sa forme, peut être initiée toujours par la même personne ou alors peut provenir des deux partenaires, en alternance. Ainsi, les partenaires subissent parfois la violence et à d’autres moments, ce sont eux·elles qui initient ces comportements. On appelle cette dynamique la mutualité de la violence , lorsque les comportements violents sont mutuels et qu’ils sont initiés par les deux personnes. Parfois, c’est une façon de faire comprendre à l’autre qu’on n’apprécie pas ses comportements : en étant violent·e à son tour, on espère que la personne comprendra à quel point c’est désagréable, dégradant et violent. Ou alors, il arrive que les partenaires utilisent de la violence dès le départ pour exprimer leurs insatisfactions ou pour gérer leurs conflits.
Répondre à la violence en utilisant la violence n’est jamais une bonne solution, car ça risque d’accentuer les conflits et les comportements violents. Il est donc important d’apprendre à bien gérer ses émotions et de trouver des stratégies plus adéquates pour régler les désaccords et bien communiquer. En parler à une personne en qui on a confiance est essentiel.

Pourquoi est-il difficile de mettre fin à sa relation lorsqu’elle contient des situations de violence?
Parfois, il peut être difficile de se sortir d’une relation dans laquelle il y a de la violence ou d’agir directement face à la violence. Dans ce cas, il ne faut pas se culpabiliser. On peut se sentir pris·e au piège parce qu’on se dit :
Parfois, les sentiments amoureux peuvent amener à accorder de l’importance seulement aux bons moments partagés et à mettre de côté les conflits et les comportements violents. L’amour ne suffit pas à rester dans une relation qui n’est pas positive pour nous et qui nous fait souvent sentir tristes, anxieux·ses ou inadéquat·es.
On peut rester dans une relation toxique en espérant que les choses vont changer. Par contre, les changements peuvent se produire seulement quand l’auteur·e de violence assume la responsabilité de ses comportements violents et va chercher du soutien. Ce n’est pas à la personne qui subit la violence de prendre la responsabilité du changement sur ses épaules. Rappelons-nous qu’il est rare que les comportements de violence soient isolés et que le cycle de la violence fini souvent par recommencer.
C’est normal d’avoir de telles craintes, car une séparation peut entrainer la perte de plusieurs points de repères . Par contre, la fin d’une relation ne change pas tout : certaines personnes et activités faisaient partie de notre vie avant la relation. Plutôt que de penser à ce qu’on peut perdre en mettant fin à une relation, il faut penser à ce qu’on peut gagner . Avec le temps, d’autres points de repères et d’autres habitudes se développeront.
C’est normal d’avoir peur de ce qui pourrait se passer si on met fin à une relation de violence, surtout si son·sa partenaire fait du chantage ou des menaces . Peu importe comment il·elle réagit suite à la rupture, on n’est pas responsable. Si on craint pour notre propre sécurité ou pour celle de son·sa partenaire, il est important d’aller chercher de l’aide et d’en parler à un·e adulte de confiance.
Il peut être très difficile d’aller chercher de l’aide, surtout si on a honte, si on a peur de ne pas être pris·e au sérieux ou de déranger notre entourage avec ce qu’on vit . C’est normal de ne pas se sentir bien après avoir vécu de telles expériences, mais c’est important d’aller chercher de l’aide pour se sortir de sa relation. On ne devrait jamais rester seul·e avec la violence qu’on subit.
Les situations de violence ne sont pas banales. Il est parfaitement normal de se sentir mêlé·e et d’avoir du mal à comprendre ce qui nous arrive. Il est important d’en parler, même si c’est difficile ou si on a peur d’être jugé·e. Le plus difficile, c’est de faire le premier pas. Il faut parler de ce qu’on vit à un·e ami·e, à un·e adulte de confiance ou à un organisme, comme Tel-jeunes. L’important, c’est de s’écouter et d’adopter une stratégie avec laquelle on se sent à l’aise.
Il est fréquent que l’équipe de Tel-jeunes reçoive des courriels qui abordent ce sujet : être en amour avec un·e coach de sport, avec un·e enseignant·e ou intervenant·e. Plusieurs raisons expliquent pourquoi la loi interdit les relations amoureuses et sexuelles entre un·e ado et une personne qui est en position d’autorité et de confiance. D’abord, les adolescent·es ne sont pas considéré·es comme des adultes puisque leur développement n’est pas encore terminé : au niveau physique, le corps et même le cerveau n’ont pas fini de se développer et c’est également le cas au niveau psychologique, émotionnel, la connaissance de soi et de ses limites, la capacité à reconnaître et à gérer ses émotions.
L’adolescence est la période de la vie où les premières relations amoureuses et intimes sont généralement vécues, donc cette découverte nécessite de développer plusieurs nouvelles habiletés : savoir comment trouver un équilibre entre sa relation amoureuse et ses autres relations, comment connaître ses besoins, les affirmer , être à l’écoute de ceux de l’autre, gérer les désaccords et les conflits, etc.
Bien que les humains continuent d’apprendre tout au long de la vie, la période de l’adolescence est particulière parce que tout est encore en développement. Les adultes et les adolescent·es ne sont pas au même stade. La loi précise des règles avec des écarts d’âge à respecter en se fiant au développement des jeunes. L’objectif est d’assurer leur bien-être physique, psychologique et sexuel et aussi leur sécurité. Les adultes et les adolescent·es n’ont pas les mêmes intentions par rapport aux relations amoureuses et intimes.
Aussi, une personne en situation d’autorité comme un·e coach de sport ou un·e enseignant·e a du pouvoir sur notre vie : décider de nous garder dans l’équipe ou non, de nous faire jouer au prochain match ou non, de nous donner des bonnes notes ou non. La relation n’est pas d’égal à égal, une personne a du pouvoir et l’autre n’en a pas : l’ado se retrouve vulnérable. Cette vulnérabilité empêche la relation d’être égalitaire et le consentement n’est donc pas possible puisqu’il n’est pas éclairé.
Comment savoir si je suis consentant·e à participer à une activité sexuelle?
En plus d’avoir un écart d’âge adéquat, de ne pas être intoxiqué·e par l’alcool ou la drogue et d’avoir une relation égalitaire avec l’autre … pose-toi les questions suivantes :
Est-ce que…
- …je me sens libre de participer à l’activité sexuelle?
- …je me sens à l’aise de participer à l’activité sexuelle?
- …je me sens en sécurité avec cette personne?
- …je me sens en confiance avec cette personne?
- …je me sens respecté·e par cette personne?
- …je dis oui avec ma tête, mon cœur et mon corps?
- …j’aime ça? je suis excité·e de participer à l’activité sexuelle?
- …j’ai envie de poursuivre l’activité sexuelle?
- …j’en ai vraiment envie et ce n’est pas pour faire plaisir à l’autre ou par peur de décevoir?
- …le rythme, le moment, l’endroit me conviennent?

Comment savoir si mon·ma partenaire est consentant·e à participer à une activité sexuelle?
La sexualité, c’est un plaisir qui peut se vivre seul ou qui peut se partager. Lorsqu’on veut la partager, il est important de vérifier si l'autre personne le souhaite aussi. Voici ce que tu peux faire pour t’assurer que le consentement sexuel de ton·ta partenaire est valide :
1. Vérifier son âge
Selon la loi, est-ce que ton·ta partenaire et toi avez un écart d’âge légal pour participer à cette activité sexuelle?
2. Demander directement
Est-ce que ton·ta partenaire t’a donné son accord pour participer à l’activité sexuelle?
3. Vérifier son état
Est-ce que ton·ta partenaire est sous l’influence de l’alcool, de la drogue ou est inconscient·e?
4. Être à l’écoute du non verbal
Est-ce que ton·ta partenaire semble à l’aise dans ses gestes et ses expressions faciales (te sourit, te regarde dans les yeux avec passion, participe activement)?
5. Valider le consentement pour chaque activité sexuelle
Est-ce que tu t’assures du consentement de ton·ta partenaire tout au long de la relation sexuelle (tu lui demandes explicitement, tu es à l’écoute de ses expressions, etc.)?
Il est important de le faire pour chacune des activités sexuelles (embrasser, toucher les parties intimes, sexe oral, pénétration) et respecter les limites ou les désirs de l’autre. Par exemple, tu peux lui demander : As-tu envie de continuer? Aimes-tu ça? Le consentement peut être retiré à n’importe quel moment durant l’activité sexuelle. Un « oui » au départ peut devenir un « non » plus tard.>
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